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Détail d'une publication

Revue Droit et Société n°90 - Le management dans la pénalité : pénalité managériale ou management du système pénal ?

21/01/2016 03:19 Il y a: 2 an(s)
Catégorie(s) : Publications

Auteur : Jean-Gabriel Contamin

Sous la coordination de Gaëtan Cliquennois, Hakim Bellebna et Thomas Léonard

Droit et société 2015/2 (N° 90)

ISBN : 9782275028965

Une profusion d’auteurs voit dans l’introduction de la quantification des résultats et des performances le signe de l’apparition d’un New Public Management (NPM) dans les administrations publiques d’un certain nombre de pays comme les États-Unis, la Grande-Bretagne, le Danemark et la Suède, la Nouvelle-Zélande, l’Australie, la Russie, l’Allemagne et les Pays-Bas, la France… Le développement du NPM rendrait ainsi compte des changements administratifs, organisationnels et professionnels qui se donnent à voir dans ces différents pays. Plus particulièrement, en France, deux grandes réformes illustrent la transformation des priorités de l’administration publique et leur focalisation sur les résultats et les performances : la Loi organique relative aux lois de finances (LOLF) entrée en vigueur en 2004, ainsi que la Révision générale des politiques publiques (RGPP) intervenue entre 2007 et 2012 et devenue la Modernisation de l’action publique (MAP) après 2012. Si peu de recherches étudient la MAP, la RGPP a fait l’objet de plusieurs travaux qui soulignent que celle-ci marque une rupture dans les formes prises par la réforme de l’État dans la mesure où ,appliquée à toutes les politiques nationales, elle est directement conduite par l’exécutif qui a recours systématiquement à la quantification des objectifs à atteindre, de même qu’aux audits et aux bureaux d’étude et consultants privés

 

Pour autant, on peut d’abord s’interroger sur le caractère réellement « nouveau » de ces méthodes de management puisqu’elles présentent, par exemple, certaines ressemblances avec les plans de planification que l’on trouvait dans les pays à économie planifiée tels que l’ex-URSS. De plus, ce que l’on nomme « nouvelle gestion publique » présente un caractère pluriel comme le montrent tant la multiplicité des définitions et statuts qui en sont donnés, que les essais répétés d’opérationnalisation de ses énoncés. Puisant ses sources d’inspiration à la fois dans diverses théories économiques, savoirs managériaux et pratiques réformatrices, la nouvelle gestion publique apparaît comme une doctrine protéiforme, qui a été prônée à partir des années 1980 par différentes instances internationales extrêmement influentes telles que le Fond monétaire international (FMI), la Banque mondiale (BM) ou encore l’Organisation de coopération et de développement économiques (OCDE). En ce sens, le nouveau management public apparaît comme une théorie qui émanerait des instances économiques internationales prenant pour socle certains savoirs des sciences sociales, de gestion et de l’homme. Le NPM aurait été ensuite repris et adapté par des sociologues et politistes de diverses manières pour lire notamment les transformations de l’État, la métamorphose des formes de régulation politique et celle des institutions juridiques.

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